avr
Gaea
par Zofren dans Vestiges
Sur le chemin du retour, Gaea se retourna et contempla les vestiges à la lueur du jour mourant.
Le soleil était très bas à l’horizon et disparaissait déjà derrière la colline. Les plus hautes ruines projetaient de longues ombres noires sur une mer de blocs de pierre moussue. L’obscurité envahissait inexorablement la cité morte alors qu’à l’horizon, les ultimes rayons de l’astre du jour embrasèrent la colline. Il fallait qu’elle hâte le pas avant que la nuit ne tombe définitivement. Il était très facile de se perdre dans le noir au milieu de ce dédale de végétation et de rochers.
La journée avait été fructueuse et son sac débordait d’un assortiment hétéroclite d’objets en tout genre : masse de métal informe rongée par la rouille, liasses de sacs de plastique bariolés ou morceaux de miroirs et de verre. Tout ce qui ne poussait ni dans la terre ni dans les arbres finissait dans le baluchon de Gaea, pour peu que ce soit transportable.
Un mince volute de fumée s’élevait de derrière la colline, au dessus du campement dressé sur son flanc à l’abri du vent. Ils devaient encore profiter à cette heure-ci des dernières lueurs du crépuscule. Lorsqu’elle fut à portée de voix, elle ralentit le pas et se mit à chantonner joyeusement. Rares étaient les filles qui avaient le courage de s’aventurer dans les ruines des anciennes cités et dans sa famille, rares étaient celles qui en avait seulement le droit. Mais Gaea ne se laissait pas impressionner par toutes les horribles histoires qu’on pouvait entendre aux sujets des vestiges.
En revanche ce soir lors de la revue, c’est elle qui allait impressionner tout le monde. Même l’Ancien.
Cette histoire à suivre est une histoire racontée en tandem avec mon épouse. Elle illustre, je raconte et chacun rebondit sur les éléments apportés par l’autre. C’est un très vieux projet que nous avions ensemble et qu’il nous tenait à coeur de réaliser enfin.
mar
Le Réveil
par Zofren dans Brouillard
J’ai ouvert les yeux. Et pourtant, je ne voyais toujours rien.
Il a fallu quelques longues minutes pour que je reprenne mes esprits. J’étais allongé sur le ventre, les bras en croix, le nez dans une terre noire et humide. J’ai attendu une éternité pour trouver assez de force pour me retourner.
Il faisait nuit. Je contemplais un ciel noir, privé de lune mais piqueté d’innombrables étoiles dont la lointaine lumière peinait à percer l’obscurité. Je me suis mis debout, non sans difficulté, puis j’ai tenté de comprendre où je me trouvais.
Mes yeux se sont habitués à la pénombre. Devant moi s’étendait un paysage agricole à perte de vue, un patchwork de rectangles grisâtres parsemé ça et là de quelques bosquets rabougris. Derrière moi, rien. Le noir absolu, terrifiant, comme si le monde commençait devant moi, ou plutôt comme s’il disparaissait derrière moi. Un frisson m’a parcouru l’échine.
Soudain, une lueur est apparue dans ce profond néant. Puis une multitude d’étoiles ont scintillé de concert le temps d’un clignement d’oeil. J’ai pu distinguer une pente abrupte, presque un mur, parsemée d’herbe rase. Chaque brin perlé de rosée reflétait un halo de lumière qui perçait une nappe de brouillard flottant au dessus de ma tête. Je me trouvais en contrebas d’un imposant talus apparemment artificiel, dont le sommet se perdait dans la brume.
J’ai entrepris la difficile ascension. La pente était raide et glissante si bien que j’ai fini par ramper. Le brouillard était dense et très vite, je me suis senti comme un alpiniste en haute montagne, à bout de forces, coincé entre deux nuages, agrippé à une paroi au dessus du vide. En arrivant au sommet, ma main s’est posée sur ce qui ressemblait fort à du bitume. Une route. Je me suis hissé au sommet et je me suis assis pour reprendre mon souffle adossé à une interminable rambarde en métal.
Une autoroute.
déc
Le Foulard à Pois
par Zofren dans Comptines
L’été plein de gaieté s’en est tristement allé
Et déjà l’automne bien monotone fanfaronne
Soufflant ses nuages tristes et son vent froid
Ses tourbillons de feuilles mortes et … un foulard à pois
Un petit berger qui baillait aux corneilles comptait les moutons … mais ceux qui traversaient le ciel !
Il sourit en apercevant l’un d’eux avec un foulard à pois sur les yeux.
A plus tard les moutons !
Je dois absolument savoir qui a oublié son foulard
Une petite fermière faisait les semailles en grande discussion avec son épouvantail
Elle se moqua gentiment de son ami quand un foulard à pois chassa les corbeaux mieux que lui
A plus tard mon compagnon !
Je dois absolument savoir qui a égaré son foulard
Un petit pêcheur somnolait au bord du ruisseau, il n’aimait pas vraiment le poisson mais adorait l’eau
Il rit aux éclats lorsqu’un foulard à pois perturba un héron, qui pensait exactement l’inverse du garçon
A plus tard le héron !
Je dois absolument savoir qui a perdu son foulard
Une petite fille de la ville tournait en rond dans son jardin,
Sans jouets, sans idées, sans même un copain
Elle vit alors arriver trois galopins discutant de vive voix
Qui se demandaient à qui pouvait appartenir ce facétieux foulard à pois
Elle s’approcha d’eux et, avec un grand sourire, leur tendit la main
« Bonjour les amis, je crois que c’est le mien ! »
Dans le cadre du 9ème concours organisé par le site Tandem Jeunesse, je me suis associé avec une illustratrice (Marion Arru) sur le thème « Pois (à pois, aux pois, petit pois) ». Cela reste à l’état de projet mais je suis déjà très fier du résultat et je compte sur ma binôme pour finaliser les illustrations, que nous puissions avoir un livre supplémentaire à montrer et à lire à nos enfants.
La page du projet sur le site Tandem Jeunesse est ici. Sinon vous pouvez laissez aussi laisser des commentaires sur le blog de l’illustratrice.
juin
Lettre A Mes Enfants
par Zofren dans Lettre à Mes Enfants, Mot de l'Auteur
J’ai toujours eu beaucoup d’idées de romans, de nouvelles et de petites histoires allant du petit texte potache à la décalogie médiévale fantastique épique et monumentale. Mais il a toujours manqué cette petite étincelle pour me lancer. Un manque de courage aussi, peut être. Un manque de temps, surement. .
Or depuis bientôt trois ans, je côtoyais ma Muse, tous les jours, sans le savoir : ma fille. Il y a tant de choses que j’aimerais lui dire et que je ne saurai jamais que lui écrire.
Voici l’idée.
Ensuite, il faut un état d’esprit particulier pour se décider à écrire. Enfermer ses idées avec des mots et figer ces mots à jamais sur du papier, fut-il virtuel, a toujours été pour moi un exercice mental extrêmement violent. J’ai ainsi remarqué que mes périodes les plus inspirées coïncidaient avec des moments difficiles, lorsque mon esprit déjà torturé par le quotidien pouvait se permettre un outrage supplémentaire.
Avoir un enfant, c’est une bénédiction et une malédiction. Tous les moments de bonheur et d’enchantement n’arrivent jamais sans un cortège d’idées noires. Pour ce qui me concerne, la terreur que leur avenir m’inspire me dévaste. Je me sens coupable de les avoir fait naitre dans un monde si cruel et si violent. Il ne se passe pas une seconde sans que je pense à ce moment, quand ils auront besoin de moi et que je ne serai pas (ou plus) là.
Voici mon état d’esprit.
Tout est donc réuni.
Je ne sais pas encore quelle forme cela prendra, sur quel ton je vais l’écrire, combien de temps je vais mettre pour rassembler tout ce que je dois lui dire. Tout ceci va être brouillon, désordonné, sans ligne directrice. Je vais juste lui écrire, indépendamment de ce qu’elle a fait, ou de ce qu’elle fera de sa vie.
En espérant qu’un jour, elle me lise et me comprenne. Quoiqu’il nous arrive.
Voici donc une longue lettre, destinée à ma fille …
Depuis la publication de cette introduction, nous avons eu le grand bonheur d’accueillir un fils et un petit frère au sein de notre famille. Je n’ai pas corrigé le texte d’origine mais cette « Lettre à ma Fille » est bien entendu devenue une « Lettre à mes Enfants ».
mar
Erviusa bientôt en ligne !
par Zofren dans Vie du Site
Bienvenue sur Erviusa ! Le site est encore en construction et risque d’évoluer encore beaucoup avant l’ouverture officielle. Veuillez m’excuser pour ces désagréments.
